Mon travail de cette année va aborder la question de la représentation du corps dans des contextes de pathologies. Le constat sur lequel je vais m’appuyer est que les progrès scientifiques, techniques et médicaux de ces dernières décennies ont eu tendance à faire du corps un ensemble de données quantifiables et qu’au fil de ces évolutions, de moins en moins d’importance semble être accordée à l’individu, à la gestion de ses émotions face à une pathologie et à son implication dans le parcours de soin. Il a pourtant été démontré qu’il est plus facile pour un patient d’accepter sa maladie, voire d’en guérir, s’il en comprend le fonctionnement et s’il comprend en quoi consistent les traitements et les divers actes médicaux qu’il doit subir. Ceci entre aussi en résonance avec la philosophie du care (l’éthique du soin) que Joan Tronto définit ainsi : “Activité caractéristique de l’espèce humaine, qui recouvre tout ce que nous faisons dans le but de maintenir, de perpétuer et de réparer notre monde, afin que nous puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps, nos personnes et notre environnement, tout ce que nous cherchons à relier en un réseau complexe en soutien à la vie”. Il s’agit de valeurs éthiques dans le cadre de la relation à autrui qui se basent sur l'empathie et la sollicitude ; dans un cadre médical, cela désigne le fait de prendre en considération, au delà de la technique médicale, le patient sous ses aspects physiques, psychiques, émotionnels, sociaux, culturels, etc. C’est une approche qui relève de l’humain et de l’attention que l’on porte à autrui.
Problématique
En quoi la compréhension du corps peut-elle favoriser le soin dans un contexte de pathologie ?
Plan
1- Le rapport au corps dans la maladie
2- Prendre soin
3- La représentation comme partie intégrante du parcours de soin
Lien vers la synthèse : corpographie_1.pdf
Lien vers la fiche ATC, fiche de lecture, rapport de stage et fiche d'entretiens : corpographie_2.pdf
Résumé des axes développés dans le mémoire
J'ai mis en avant dans mon mémoire la nécessité de mettre en place une médiation entre l’univers médical et les patients ; si les soignants n’ont pas le temps ou les moyens de mettre en place une éducation liée au corps et à la santé, celle-ci demeure toutefois nécessaire pour être apte à gérer une maladie. L’idée est de transmettre suffisamment de connaissances aux patients pour qu’ils puissent être plus impliqués dans leur parcours de soin. Il s’agit donc de revaloriser le dialogue, l’éducation et la médiation, et d’intégrer une forme de pédagogie à la démarche de soin. C’est dans cette dimension que les images s’avèrent utiles. Elles ont d’une part toujours accompagné les sciences et la médecine, pour leur potentiel représentatif, pour leur rôle de transmission de savoirs, pour rendre compte de phénomènes non tangibles ; lorsque l’on étudie ce type de discipline, il est indispensable de s’appuyer sur des supports visuels. D’autre part, leur intérêt est aussi de susciter la curiosité du public “non savant”, de créer en lui le désir et le plaisir d’apprendre. Elles peuvent également avoir un rôle dans le parcours de soin, qui implique la singularité de l’individu ; en proposant des représentations de pathologies, on permet de les visualiser et de les rendre alors perceptibles. On peut ainsi les dédramatiser et faciliter leur appréhension. Même si l’on utilise des images dans le but de transmettre des savoirs scientifiques ou médicaux, il est toutefois possible de leur inclure une part d’imaginaire et de narration; il devient alors possible d’adoucir des propos, d’aider l’individu à se projeter en tant que sujet, mais aussi de dédramatiser la situation et de se réapproprier des connaissances. En somme, la représentation et l’image peuvent permettre une approche plus singulière de la maladie et peuvent s’inscrire dans une démarche de soin.
Objectifs
Il apparaît judicieux de penser à des moyens permettant de revaloriser le dialogue et l’éducation dans le contexte médical. Ces images peuvent également aider à montrer les bons comportements liés à la santé et accompagner une démarche de soin. Il y a donc plusieurs axes qui se dégagent de ma recherche sur lesquels je peux intervenir. Il s’agit d’une part de rendre l’apprentissage ludique et d’autre part d’inviter à prendre soin de soi-même et de sa pathologie. Dans la mesure du possible, j’aimerais aussi que les représentations que je proposerai intègrent une part de narration à des faits scientifiques. Cela permet à l’individu d’assimiler des informations plus facilement, de se projeter et de mieux comprendre. De plus, tout le monde n’est pas en mesure de comprendre des discours purement scientifiques ; ceux-ci peuvent parfois être anxiogènes, c’est pour cela que l’imaginaire et la narration peuvent intervenir dans ce processus. L’enjeu est finalement de transmettre au patient des connaissan